La Côte d’Ivoire produit près de 150.000 tonnes de mangues fraîches, essentiellement des variétés telles que le Kent, le Kéitt et l’Amélie. Ce pays est premier producteur africain des exportateurs de mangues et troisième fournisseur mondial du marché européen, après le Brésil (65.000 tonnes) et le Pérou (29.000 tonnes).
La filière serait plus avantageuse pour les planteurs si la Côte d’Ivoire abordait le virage de la transformation. Cela réduirait considérablement leurs pertes. Pour l’heure, c’est la mangue séchée qui fait le bonheur des paysans qui construisent de petites usines de transformation. Selon des statistiques, les quelques usines qui existent reçoivent au quotidien près de 20 tonnes de mangues fraîches. Les produits sont triés, lavés, puis traités afin de répondre aux exigences sanitaires des clients. «Après le tri, on met dans les sachets, on pèse et on les place dans des cartons. Et on envoie ça chez le client», explique Sita Coulibaly, qui supervise une salle de calibrage.
Du fait que le commerce des mangues séchées n’est pas encore bien reçu au sein de la population ivoirienne, les transformateurs se dirigent vers les pays voisins ; notamment le Ghana. Directeur de l’Usine de séchage de mangues de Ouangolodougou, Bazoumana Ouattara, explique : «Les Ivoiriens ne connaissent pas la mangue séchée. Les supermarchés non plus. Mes clients sont au Ghana, On a un client qui est fidèle, quelle que soit la situation. C’est seulement la commande qui va varier. L’année où la production est bonne, ils ont une grande quantité. Et lorsque c’est faible, la quantité devient mince à leur niveau».
La période de commercialisation est courte. Elle ne dure que trois mois. Ce n’est pas évident d’investir dans le conditionnement des mangues. Pour contourner cet obstacle, le Directeur de l’usine Ivoire Bio fruits, René Yéo, a décidé de diversifier ses activités au sein de son usine. L’industrialisation et la diversification sont pour lui la clé pour maintenir la filière à flot.
«Il faut à la fois plusieurs machines qui puissent avoir une grande capacité et tout transformer en moins de trois mois, pour pouvoir rentrer dans ses fonds. Au niveau d’Ivoire bio fruits, on a envisagé de diversifier notre système de transformation, en l’élargissant la transformation à d’autres fruits tropicaux comme la noix de coco et l’ananas», explique cet entrepreneur.

