Transferts d’argent vers l’AfriqueLes opérations stagnentIls contribuent énormément aujourd’hui aux économies africaines, dans une proportion de 2,5 fois plus que l’aide au développement. A titre d’exemples, selon les données récentes de la Banque mondiale, les transferts pèsent plus de 20% du produit intérieur brut (PIB) de la Gambie ou des Comores, plus de 9% du PIB du Sénégal et plus de 7% PIB du Togo.
Cependant, le constat est que depuis ces deux dernières années, les transferts d’argent marquent le pas. En 2023, selon la Banque mondiale, les transferts effectués par les ressortissants africains installés dans un pays étranger ont atteint 54 milliards de dollars (environ 27000 milliards FCFA). Certains s pays se sont illustrés positivement comme bénéficiaires dans cette opération. Notamment le Nigeria comme premier pays, avec 19,5 milliards de dollars (9750 milliards FCF); le Ghana et le Kenya, avec plus de 4 milliards de dollars (2000 milliards FCFA); le Sénégal arrive en cinquième position, avec près de 3 milliards de dollars (1500 milliards FCFA), devant la RDC et le Mali qui ont chacun reçu de leurs expatriés plus d’1 milliard de dollars (500 milliards FCFA). Il n’empêche que les transferts d’argent constituent un véritable soulagement pour les ressortissants des pays africain en quête de liquidité depuis la pandémie de Covid-19 et les guerres en Ukraine et au Proche-Orient qui l’ont suivie.
«En Afrique, il y a eu une petite baisse de 12,5%, mais elle était principalement due à la situation au Nigeria. Mais pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, si on enlève le Nigeria, on a même observé une légère augmentation. Donc les transferts de fonds n’ont pas vraiment chuté en Afrique subsaharienne, comme on le prédisait. Cela peut s’expliquer par un certain nombre de facteurs. Le premier, c’est que les transferts de fonds sont comme une protection sociale, une assurance, de sorte que les migrants envoient souvent plus d’argent en cas de crise, quitte à puiser dans leurs épargnes. On peut appeler cela ‘’un lissage de consommation’’», tempère l’économiste Jason Gagnon, membre de l’unité migrations et compétences du Centre de développement de l’OCDE.
L’espoir d’une reprise qualitative et quantitative d’un retour à une courbe de croissance réside dans les transferts numériques. Mais certains groupes de personnes, des personnes analphabètes, sans connexion Internet, sans ordinateur, avec une faible alphabétisation numérique pourraient être encore plus marginalisées. C’est une question politique qui doit être abordée.

