Malgré 24 ans au pouvoir, le Président rwandais, Paul Kagamé, 66 ans, est encore candidat à sa propre succession pour un quatrième mandat à la Présidentielle qui va se tenir le 15 juillet 2024.
Il a déjà entamé sa campagne, le 22 juin dernier, dans le nord du pays, dans le District de Musanze, dans un stade archi-comble de militants et sympathisants du Front Patriotique Rwandais.
«Je viens ici pour vous demander de bien voter le 15 juillet. Vous le savez, je n’ai pas d’influence sur vos votes. C’est pour cela que je suis venu ici pour vous remercier et non pas pour vous demander votre voix. On ne comprend pas la démocratie de la même manière. Nous avons notre propre interprétation qui nous guide dans tout ce que nous entreprenons. C’est ce qui fait la particularité du FPR et qui contribue au changement du quotidien de tous les Rwandais. La démocratie, c’est choisir ce qu’il y a de mieux pour soi, c’est avoir la liberté de choisir. C’est la garantie de préserver son libre arbitre. La démocratie, ce n’est pas le choix d’un autre, personne ne doit choisir pour vous, c’est votre choix. Les autres ont leur manière de faire, ce qu’ils font ne me regarde pas, mais ce qui se passe au Rwanda, ça vous regarde et ça me regarde», a expliqué le chef d’Etat sortant pour montrer sa complicité avec le peuple rwandais.
Ce double scrutin – Présidentielle et Législatives – se tient dans un contexte où l’Opposition est presque inexistante. L’un de ses rares concurrents devrait être le chef du Parti Vert, Frank Habineza. Mais, ce député de 47 ans n’avait obtenu que 0,45% des voix à la Présidentielle de 2017. Quant à Victoire Ingabire, Présidente du mouvement Dalfa Umurinzi (Développement et liberté pour tous, un parti non enregistré), elle est exclue de la compétition en raison d’une condamnation antérieure. Ce qui crée un boulevard à Paul Kagamé pour sa réélection.
Pour rappel, c’est au cours d’un Congrès tenu le samedi 09 mars que le parti au pouvoir a désigné Paul Kagamé comme son candidat à la Présidentielle du 15 juillet 2024. Tout en acceptant la demande, il avait recommandé à ses camarades du parti de préparer son remplaçant. «Le fardeau de la responsabilité de diriger notre pays peut être considéré comme une fonction d’absorbeur des chocs, compte tenu des défis auxquels nous sommes confrontés quotidiennement.
Cela requiert un bon état d’esprit. J’accepte ce fardeau de responsabilité, mais en faisant un appel à trouver quelqu’un pour me relever de cette responsabilité», avait-il déclaré.Mais, le vendredi 17 mai, il a été le premier candidat à déposer son dossier de candidature à la Commission électorale.

