La République islamique de Mauritanie va tenir sa Présidentielle, le samedi 29 juin 2024. Plus de 1,9 million d’électeurs sont attendus pour choisir entre le Président sortant, Mohamed Ould Ghazouan, candidat à sa réélection pour un second mandat, et une Opposition jusque-là presque invisible sur le terrain. Ce qui fait laisse supposer que le Président sortant pourrait rempiler.
En effet, la campagne électorale bat son plein. Mais c’est l’omniprésence du Président sortant qui est manifeste. Aussi bien à l’intérieur du pays que dans la capitale Nouattchok, ce sont ses affiches que l’on aperçoit le plus, avec l’inscription en français et en arabe : ‘’Prêt pour votre soutien, en reconnaissance et fidélité’’ sous ses portraits. Le seul opposant qui se manifeste, mais qui est loin de rivaliser avec lui, est le candidat Ould Sidi el Moctar du parti islamiste Tawassoul. Quant à celui qui considéré comme la figure de l’Opposition, le militants des Droits de l’homme, Biram Dah Abeid, arrivé deuxième en 2019, il a choisi les Réseaux sociaux pour faire campagne.Centre névralgique de ce scrutin, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ne fait que rassurer candidats et opinion publique sur la transparence du processus. Selon le Directeur informatique à la CENI, Mohamedad Farouk Nanne, toutes les données à caractère non personnel collectées le jour J seront rendues publiques instantanément sur la plateforme MyCeni.
Il multiplie les prises de paroles pour expliquer à volonté le processus mis en place pour garantir la transparence de ce scrutin. «Avant toute vérification, la donnée saisie par un membre du bureau de vote est publiée pour le grand public, donc tous les Mauritaniens, tous les observateurs, toutes les personnes désireuses de voir le processus sont des contrôleurs. On a fait l’audit du fichier électoral, on a remis la liste électorale détaillée aux différents mandataires», explique-t-il. Toujours selon lui, ces dispositions devraient garantir la transparence et rétablir la confiance. L’Opposition n’est pas de cet avis. Ses candidats accusent la Commission électorale d’avoir négligé une partie de ses doléances.
Notamment, l’audit du fichier électoral et du système informatique. «Pour le système informatique on a fait notre audit ; maintenant s’ils veulent auditer de l’intérieur, on n’est pas prêt à ouvrir la porte de notre système avant l’élection. Aucun système n’est à l’abri d’attaque et surtout si cette personne vient d’un candidat», répond Mohamedad Farouk Nanne.
«Quand les militaires prennent le pouvoir, ils ne pensent pas à le lâcher», indique un citoyen interrogé. L’issue du scrutin décidera de s’il a raison ou tort.

