énateurs, arrêtez le dictateur », « le pouvoir judiciaire ne tombera pas »… Des centaines de personnes ont fait irruption dans le Sénat mexicain en hurlant des slogans hostiles à l’explosive réforme de la justice actuellement étudiée par les sénateurs.
En grande partie des fonctionnaires de justice en grève et des étudiants en droit, les manifestants protestent contre la réforme lancée par le présidentAndres Manuel Lopez Obrador. Ils dénoncent un projet de loi qui ferait du Mexique le premier pays au monde à désigner tous ses juges par un « vote populaire », y compris ceux de la Cour suprême. Les opposants estiment qu’elle fragilisera l’indépendance des juges et les rendra vulnérables aux pressions du crime organisées
Un « outrage à la République et à la démocratie »Avec leur action, les manifestants ont en tout cas eu raison de la session qui se déroulait à l’intérieur du Sénat car après avoir franchi les barrières de sécurité, ils ont obligé le président du Sénat Gerardo Fernandez Noroña à ajourner la session.
Peu de temps après, il a annoncé que la session serait seulement délocalisée avant de marteler qu’ « il y aura une réforme du pouvoir judiciaire ».
Les partis d’opposition, le PAN, le PRI et le Mouvement Citoyen ont déclaré qu’ils voteraient contre. « Nous l’avons déjà dit et nous le répétons : nous nous battrons jusqu’au bout pour empêcher cet outrage à la République et à la démocratie », a écrit la sénatrice du Mouvement Citoyen, Alejandra Barrales.
« La démolition du système judiciaire n’est pas la voie à suivre », a averti la présidente de la Cour suprême Norma Piña, dans une vidéo diffusée dimanche sur les réseaux sociaux.
« Ce qui inquiète le plus ceux qui sont contre cette réforme, c’est qu’ils vont perdre leurs privilèges, car le pouvoir judiciaire est au service des puissants (…) et de la criminalité en col blanc », a rétorqué de son côté M. Lopez Obrador, dont la popularité avoisine les 70%.
Ce n’est pas la première fois que les protestations contre cette réforme interrompe une session parlementaire. La réforme avait déjà été adoptée la semaine dernière par les députés dans un gymnase, sous des paniers de basketball, après le blocage de la Chambre basse par des manifestants.

