La question du choix du Premier ministre, à l’issue du second tour des Législatives anticipées devient ce plus en plus complexe. Aucun parti politique, aucun bloc, n’ayant obtenu la majorité absolue, Emmanuel Macron se donne le loisir de choisir celui qui sera à Matignon. Dans une lettre adressée aux Français, le mercredi 10 juillet, le chef de l’Etat manifeste clairement son choix sur les ‘’les forces républicaines’’ qui, ‘’seules’’, forment ‘’une majorité absolue’’.
Dans ce texte, Emmanuel Macron ‘’demande à l’ensemble des forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines, l’Etat de droit, le parlementarisme, une orientation européenne et la défense de l’indépendance française, d’engager un dialogue sincère et loyal pour bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle’’.
Une position que l’union de Gauche – qui a remporté ces Législatives – refuse avec force. Qui demande à Macron de «respecter son devoir de républicain, respecter le suffrage universel et respecter le vote des Français». Et dénonce «le retour du droit de veto royal sur le suffrage universel et des intrigues de la IVe République».
Joignant l’acte à la parol, des voix s’élèvent dans le Nouveau Front Populaire pour se positionner comme candidates au poste de Premier ministre. Parmi lesquelles le Premier Secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure. Interrogé sur le sujet, le mercredi 10 juillet, le député de la 11e circonscription de Seine-et-Marne a affirmé, sur TF1, être «prêt à assumer» la fonction. «J’ai fait le choix du rassemblement de la Gauche, depuis que je suis devenu Premier Secrétaire, et je n’en bougerai pas. Je sais que ceux qui cherchent à la diviser cherchent en réalité à ce que la Gauche ne gouverne jamais. Il y a des gens qui ont besoin de nous. La politique, ce n’est pas simplement un jeu, c’est ce qui permet à des gens de vivre ou de survivre», a-t-il justifié sa position.
Ainsi également du nouveau chef de file des députés PS à l’Assemblée Nationale, Boris Vallaud, qui va conduire, au minimum, 69 parlementaires à la Rose. «Je suis favorable à ce que le vote des Français soit entendu. Ils ont refusé de porter l’Extrême-droite au pouvoir et y ont opposé un front républicain, ils ont infligé une défaite cinglante à Emmanuel Macron et ont placé le Nouveau Front Populaire en tête à l’Assemblée Nationale. Les Français ne font plus confiance au Président de la République pour leur indiquer un chemin. Emmanuel Macron n’a plus la main. Le pouvoir n’est pas à l’Élysée mais au Parlement. Ce chemin, c’est le Nouveau Front Populaire au gouvernement pour appliquer au plus vite les mesures d’urgence sociale attendues par les Français», explique-t-il dans une interview à l’Express. Sur le banc de touche, l’ancien Président de la République, François Hollande, verrait d’un bon œil occuper Matignon qui pourrait être un tremplin pour revenir à l’Elysée.
Ou encore l’ancien ministre de la Santé, Aurélien Rousseau.Le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s’était déjà déterminé à assumer la fonction de chef de gouvernement, dès la proclamation des résultats. Mais, il ne semble pas faire l‘unanimité au sein du NFP. Pour l’heure, les négociations se poursuivent en interne. Ecologistes, Communistes, Socialistes et Insoumis sont d’accord pour ne pas faire alliance avec les macronistes. Pour l’union de Gauche, le prochain gouvernement doit être entièrement de Gauche afin de mener la politique de Gauche. A ce sujet, le NFP se propose de présenter le nom du Premier ministre en même temps qu’une copie du gouvernement au locataire de l’Elysée, au plus tard dans les deux jours qui suivent.

