L’offensive menée en Juin 2023 par les Autorités centrafricaines vient de porter ses fruits. L’Onu a levé totalement l’embargo sur les armes qu’elle avait imposé à la Centrafrique en 2013, suite à la guerre civile qui avait embrasé ce pays. Depuis le mercredi 31 juillet 2024, le gouvernement centrafricain n’a plus l’obligation de notifier au Système des Nations-Unies chaque achat d’arme, mesure prise par l’Onu en 2022.
Le chef d’Etat centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, a vivement salué cette décision des Nations-Unies survenue. «La levée de l’embargo sur les armes est une victoire pour Bangui. Cela a été un long processus, un long combat. L’embargo en 2013 avait peut-être ses raisons, mais depuis le retour à l’ordre constitutionnel en Centrafrique, cet embargo ne se justifiait plus.
C’était devenu pour nous injuste. Et je pense que la levée de cet embargo va permettre de renforcer la paix, de renforcer la démocratie», s’est-il réjoui. Une bonne nouvelle qui devrait conduire à des mesures de précaution. En effet, le Conseil de sécurité de l’Onu a mis en garde Bangui contre tout trafic d’armes vers les groupes qui pullulent dans le pays. Une interpellation qui va dans le même sens que la réaction de l’opposant Martin Ziguélé, Président du Mouvement de Libération du Peuple centrafricain, qui réclame une transparence dans la gestion des stocks d’armes détenus par les Forces armées centrafricaines.
«Il faut qu’il y ait une loi de programmation militaire qui précise les moyens qui seront mobilisés, qui précise les objectifs et qui précise le calendrier. Il n’y a aucune information là-dessus, c’est le flou absolu. Donc, le sentiment final, c’est que je reste très sceptique sur la capacité du gouvernement à faire en sorte que cette bonne nouvelle se transforme effectivement en quelque chose de concret dans la protection du peuple centrafricain», a-t-il conseillé.
Grâce à la levée de l’embargo sur les armes, les Autorités centrafricaines espèrent réussir à faire front aux groupes rebelles qui sévissent dans les zones périphériques de Bangui, et qui mènent des actions de guérilla contre l‘armée nationale.

