Réformateur de 69 ans, Massoud Pezeshkian a été proclamé élu, le samedi 06 juillet 2024, Président de l’Iran, pour un mandat de quatre ans. Il succède à Ebrahim Raïssi mort dans un tragique accident d’avion en Mai dernier.
Le choix des 61 millions d’électeurs s‘est porté sur lui après un second tour tenu le 05 juillet dernier, contre l’ultraconservateur Saïd Jalili, pour un taux de participation de 49,8%. L’enjeu de ce scrutin réside dans l’avenir du pays.
Deux camps s’affrontaient : celui des réformistes contre celui des ultraconservateurs ; celui de l’ouverture contre celui de l’isolationnisme.La présidentielle s’étant tenue dans un contexte de mécontentement populaire face notamment à l’état de l’économie frappée par des sanctions internationales, la victoire de Massoud Pezeshkian marque donc la volonté du peuple iranien de s’ouvrir à l’extérieur.
C’est pourquoi dans le quotidien anglophone Tehran Times du samedi 06 juillet, il s’est déclaré prêt à entamer ‘’un dialogue constructif’’ avec les pays européens, tout en leur reprochant d’être revenus sur leurs engagements dans le dossier nucléaire. Il a notamment, critiqué le retrait en 2018 des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans auparavant et qui visait à restreindre l’activité nucléaire de l’Iran en échange d’un allègement des sanctions.
‘’Malgré ces faux pas, j’ai hâte d’engager un dialogue constructif avec les pays européens pour mettre nos relations sur la bonne voie ; nous pourrons explorer de nombreux domaines de coopération si les Européens mettaient de côté la suprématie morale qu’ils s’attribuent et les crises créées de toute pièce qui ont miné nos relations pendant si longtemps. Les Etats-Unis doivent reconnaître la réalité et comprendre, une fois pour toutes, que l’Iran ne répond pas – et ne répondra pas – aux pressions ‘’, a-t-il indiqué dans la presse.Message bien reçu de l’Union Européenne.
La Porte-parole de la Commission européenne, Nabila Massrali , a rassuré que les 27 membres de l’UE étaient sont prêts à s’engager avec le nouveau gouvernement conformément à la politique d’engagement critique de l’UE. Le Président russe, Vladimir Poutine, a dit espérer que cette élection contribue «à un renforcement ultérieur d’une coopération bilatérale constructive tous azimuts pour le bien de nos peuples amicaux».
Concernant les pays voisins, il a appelé la Turquie, l’Arabie saoudite, Oman, l’Irak, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et les Emirats arabes unis à ‘’renforcer les relations commerciale’’ avec son pays et ‘’relever les défis communs’’ dans la région. Ces bonnes intentions risquent de se dissoudre dans la politique intérieure iranienne qui veut que ce soit le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, chef de l’Etat, qui décide des dossiers stratégiques. Sans oublier la forte influence des grandes Institutions comme les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du pouvoir.

