Réélu récemment par le Parlement, le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a prêté serment, le mercredi 19 juin 2024, pour son second mandat.
La cérémonie s’est tenue à l’Union buildings (Palais présidentuel) à Pretoria, la capitale économique. Juste après le rituel de la prestation de serment, Cyril Ramaphosa a réaffirmé sa détermination à «construire une société plus égalitaire et plus protectrice».
Pour ce faire, il a promis à son peuple de mieux faire au sein d’un gouvernement d’union nationale composé de plusieurs partis politiques.
C’est à ce niveau que le chef de l’Etat sud-africain est vivement attendu. Son parti, l’ANC, qui avait traditionnellement la majorité absolue au Parlement, se voit aujourd’hui obligé de composer avec six autres partis politiques qui ne partagent pas nécessairement le même programme de gouvernement que lui. Notamment l’Alliance Démocratique qui est de Droite, avec un programme libéral.C’est une nouvelle ère qui commence donc pour lui. «La formation d’un gouvernement d’union nationale est un moment d’une grande portée. C’est le début d’une nouvelle ère», a-t-il déclaré.
Quand on sait que l’ANC a été ‘’blâmé’’ dans les urnes pour n’avoir pas répondu aux attentes du peuple, notamment ses militants qui constituent l’immense majorité du pays, comment pourra-t-il gouverner à gauche (réduire la pauvreté et le chômage endémique) au sein d’un gouvernement de coalition où les libéraux attendent de favoriser les entreprises qui font du profit ? L’enjeu sera donc de savoir jusqu’où l’ANC, dans ce cadre de cette coalition, sera prêt à céder un pan de ses traditionnels acquis en prenant en compte les orientations politiques des autres partis.
En clair, il sera très difficile à l’ANC de céder des ministères clés à l’Opposition sans provoquer une levée de boucliers dans ses propres rangs. Le premier parti de l’Opposition, l’Alliance Démocratique a déjà donné le ton d’une confrontation gouvernementale. «Nous n’avons pas de temps à perdre, 30 millions de personnes dans le pays sont enfermées dans la pauvreté», a lancé le chef de la DA, John Steenhuisen, qui prône une libéralisation de l’économie.Notons qu’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement avaient fait le déplacement. Le Roi des Zoulous (plus grande ethnie nationale) était présent, ainsi que l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki, la veuve du Premier président noir du pays Nelson Mandela, Graça Machel.

