Y a-t-il réellement un après-Bongo ? Les Gabonais se demandent, chaque jour que Dieu fait, ce qui a véritablement changé depuis le coup d’Etat militaire qui a mis fin, le 30 aout 2023, à la fin du régime d’Ali Bongo Odimba.
A la cérémonie de prestation, le 04 septembre 2023, le Général Brice Oligui Nguema, le Chef du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), avait promis, devant Dieu et le peuple gabonais, de «rendre le pouvoir aux civils» par des «élections transparentes et crédibles», de «préserver en toute fidélité le régime républicain», de «préserver les acquis de la démocratie».
Il y a de forte chance que cette promesse ne soit tenue. La consultation nationale initiée par le Chef de la junte gabonaise a donné pouvoir à celui-ci de se présenter comme candidat à la prochaine élection présidentielle, s’il le souhaite. Ce qui ouvre grandement la porte à une gouvernance qui sera du style des Bongo : plus de 41 ans pour le père (décédé), 14 ans pour le fils (renversé).Le Général Brice Oligui Nguema qui a laissé tomber le treillis pour les costumes, se voient bien poursuivre sa mission de «redressement du Gabon». Il vient d’être reçu par le Chef d’Etat français, Emmanuel Macron ; ce qui, dans l’opinion gabonaise, est une garantie de gouvernance absolue, aussi longtemps que la France pourra exploiter le sous-sol gabonais sans retenue, comme ce fut le cas sous la gouvernance des Bongo. Pour rappel, Bongo père était l’un des piliers de la Françafrique, système de cooptation politique géré par la France sur ses ex-colonies.Le nouveau Chef d’Etat gabonais avait aussi promis de nommer un gouvernement de transition composé de personnes «expérimentées» et «aguerries». Au constat, ce gouvernement est composé en grande majorité des cadres de l’ancien régime. Ce qui ne donne pas de chance à l’Opposition qui avait pourtant remporté la dernière Présidentielle dont la proclamation des résultats a été interrompue par la Garde présidentielle.
Le Général Brice Oligui Nguema qui a demandé la libération «des prisonniers d’opinion» et le retour «des exilés politiques», détient toujours en résidence surveillée, le Président renversé, son épouse et quelques membres de sa famille.
Difficile mutation.

