Le troisième et dernier Rapport actualisé du Fonds mondial international (FMI) note une croissance de 3,2% pour l’économie mondiale en 2024 et 3,3% en 2025. Ces prévisions, selon le Rapport du FMI, anticipe sur une amélioration des économies de la Chine et de l’Inde.
‘’La croissance en Inde et en Chine a été révisée à la hausse et représente près de la moitié de la croissance mondiale. Cela étant, les perspectives pour les cinq prochaines années demeurent moroses, en grande partie à cause de l’essoufflement du dynamisme des pays émergents d’Asie. En 2029, la croissance chinoise devrait se modérer à 3,3 %, soit un taux nettement plus bas qu’aujourd’hui’’, indique le Chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, dans le Rapport rendu public le 16 juillet. Ces prévisions soulignent une détérioration de l’économie mondiale en rapport aux périodes 2000 à 2019 où la croissance moyenne se situait à 3,8%. «Nous avons deux domaines d’inquiétudes. L’une concerne la trajectoire budgétaire d’un certain nombre de pays où les Finances publiques ont été très sollicitées (…), la seconde concerne les politiques industrielles et commerciales, le risque de fragmentation géo-économique», a détaillé le rapporteur, interrogé par l’AFP.
Toujours selon lui, cette fragmentation est le fait de multiples règlementations protectionnistes un peu partout dans le monde et qui sont en forte augmentation. «Nous voyons une explosion du nombre de mesures restrictives. 3.000 mesures ont été mises en place l’année dernière, contre plus d’un millier en 2019 ou 2020, ce qui était déjà un niveau élevé», a souligné M. Gourinchas lors d’une conférence de presse.Si les tendances restent diverses entre les principales économies mondiales, l’Institution de Bretton-Woods souligne un rapprochement des perspectives à moyen terme parmi les économies avancées, du fait d’un ralentissement progressif de l’économie américaine combinée à une reprise de l’économie européenne à partir de 2025. En 2024, l’écart devrait rester conséquent, avec une croissance toujours annoncée à 2,6% pour les Etats-Unis, en léger recul (0,1 point de pourcentage) par rapport à l’estimation précédente, contre seulement 0,9% pour la zone euro (+0,1 point par rapport à Mars).
‘’Les pays émergents d’Asie sont toujours le principal moteur de l’économie mondiale. Comme en avril, nos projections font état d’un ralentissement de l’inflation mondiale à 5,9% cette année, contre 6,7% en 2023, ce qui la place globalement sur la bonne voie pour un atterrissage en douceur. Toutefois, dans certains pays avancés, en particulier aux États-Unis, la désinflation décélère et les risques sont orientés à la hausse’’, note le Rapport.
Comme solutions, le Rapport propose de s’attaquer directement aux défis budgétaires. ‘’La dégradation des finances publiques a rendu de nombreux pays plus fragiles qu’anticipé avant la pandémie. La première des priorités doit être la reconstitution progressive et crédible des marges de manœuvre tout en protégeant les plus vulnérables. Une telle action permettra de libérer des ressources pour répondre aux besoins de dépenses qui prennent de l’importance, comme la transition climatique et la sécurité nationale et énergétique. Mais surtout, un accroissement des réserves donne la possibilité de mobiliser les ressources budgétaires nécessaires pour faire face à des chocs inattendus’’, propose le Rapport.

