Dissolution du gouvernement au kenyaWilliam Ruto se place en mode sursis Le Kenyan est sans gouvernement depuis le jeudi 11 juillet 2024. Le Président William Ruto a pris la décision de limoger ses ministres, dans une adresse à la nation transmise par la Télévision nationale. Cet acte intervient après des semaines de profondes crises sociopolitiques qui ont entrainé des manifestations contre la hausse des impôts et la mauvaise gouvernance.
Seuls le Premier Secrétaire de cabinet et le Secrétaire de cabinet pour les Affaires étrangères et les Affaires de la Diaspora ont été épargnés, de même que le Vice-président. Pour les autres postes ministériels, ce sont les Secrétaires Permanents qui assurent les affaires courantes. Tout a commencé par l’adoption d’un projet de Loi de Finances, le 25 juin 2024, prévoyant une augmentation des impôts, notamment une nouvelle taxe de 2,75% sur les revenus pour l’assurance-maladie, et des hausses sur l’huile végétale et le carburant.
Une décision qui n’a pas été du goût des populations qui ont organisé des manifestations de grande envergure. Pendant trois semaines, les manifestants ont paralysé la capitale Nairobi. Après plus de 39 personnes décédées et 200 blessées du fait de gaz lacrymogènes et de canons à eau, selon des Ong, les manifestants ont appelé à la démission pure et simple du chef de l’Etat.
Face donc à la détermination du peuple, William Ruto a été contraint de retirer le texte à problèmes. Ce qui a eu pour avantage de faire baisser la température. La dissolution du gouvernement qui s’en est suivie répond, selon lui, à la volonté du peuple d’avoir une «meilleure gouvernance».
La hausse des impôts était, pour le gouvernement Ruto, une solution pour stabiliser économiquement le pays à travers l’augmentation des recettes. Le Kenya cumule une dette de 80 milliards de dollars, soit environ 70% du Produit intérieur brut.
Dans un communiqué publié fin Mai, le FMI déclarait qu’il surveillait la situation au Kenya, ajoutant que son principal objectif était d’aider le pays à ‘’surmonter les difficultés économiques auxquelles il est confronté et à améliorer ses perspectives économiques et le bien-être de sa population’’.
Mais comme casser le thermomètre ne fait pas nécessairement baisser la fièvre, le Président Ruto – en sursis – a promis de former le nouveau gouvernement seulement après avoir consulté le peuple.

