On connait le Swollen Shoot, cette maladie des plantes qui détruit le verger cacaoyer depuis plus de 70 ans. Le monde du cacao doit désormais s’habituer à une nouvelle maladie : le virus de l’œdème des pousses du cacaoyer. Elle se caractérise par une infection fongique qui s’attaque aux pousses du cacaoyer, le champignon Moniliophthorarorer, qui infecte les arbres via des blessures ou des ouvertures naturelles dans l’écorce.
Les conséquences physiques sont, entre autres, la réduction du rendement car les arbres produisent moins de gousses ou des gousses plus petites ; la diminution de la qualité car les cabosses contiennent moins de fèves, plus petites et de moindre qualité ; l’augmentation des coûts car les mesures de traitement et de contrôle pèsent sur les coûts de production ; la propagation rapide de la maladie si elle n’est pas traitée.Subséquemment, les conséquences économiques sont les plus pertinentes pour les pays producteurs.En effet, les deux plus grands producteurs mondiaux du cacao, le Ghana et la Côte d’Ivoire (60% de la production mondiale de fèves) en sont affectés.
Ce qui va vraisemblablement impacter négativement le marché du cacao qui connait déjà une flambée des prix. Dans la circonscription administrative du Nord-Ouest du Ghana, la principale région productrice du cacao, l’infection a atteint 81% des plantations, soit 330.456 hectares touchés. Ainsi le Cocoa Board (l’organisme de régulation du cacao) a déjà engagé la lutte. Il distribue des pesticides, des fongicides et autres produits chimiques aux agriculteurs pour faire face à la menace.
Le Ghana envisage désormais de reporter la livraison de 350.000 tonnes de fèves de cacao jusqu’à la saison prochaine.Quid de la Côte d’Ivoire où le virus de répand ? Dans ce pays, premier producteur mondial (40% de la production mondiale), l’évolution du verger inquiète. Son âge moyen ne cesse de grimper – au moins 20 % des plantations de cacao ont plus de 30 ans. Sur ses 2 millions d’hectares, 400 000 sont devenus peu productifs. Et le changement climatique s’accompagne de maladies qui viennent le décimer.
Mais le pays, qui tire 15 % de son PIB du cacao, est bien décidé à maintenir et à consolider son rang de premier producteur mondial. Il faudra, alors mener une lutte vigoureuse contre les nouvelles maladies qui attaquent le verger.
Lagistane
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