Brexit Le Royaume Uni entre déceptions et désastresLe 31 janvier 2020, le Royaume Uni se détachait de l’Europe à la suite du referendum du 23 juin 2016, avec 52% des suffrages exprimés. Connue sous le nom de Brexit, cette sortie de l’Union Européenne a été effective le 1er janvier 2021 ; et a coûté près de 170 milliards d‘euros (111 520 milliards FCFA) aux contribuables anglais. Plus huit années plus tard, le constat est que l’économie du Royaume Uni se classe derrière celle des sept pays les plus industrialisés d’Europe (le G7).
Selon le centre français de documentation Economie Finances, le Pib européen a augmenté de 24% depuis 2016, pour une hausse de seulement 6% outre-Manche.Pourtant le Premier ministre de l’époque, Boris Johnson, et ses alliés Nigel Farage, Michael Gove, multipliaient les arguments pour montrer que ce serait avantageux pour le Royaume Uni de développer son économie en dehors de l’Europe.
La crise économique qui frappait l’Europe en ce temps-là apportait du grain à moudre à leurs arguments. Pendant que leurs adversaires pressentaient déjà les dangers qu’il y avait à sortir de l’Union Européenne.Au jour du 23 juin 2024, c’est la déconfiture. Les prévisions d’un Royaume Uni plus fort économiquement s’avère un fiasco. «Nous pensions – ou en tout cas espérions – que les effets négatifs ne dureraient que quelques années, mais ils persistent huit ans plus tard ; pire, certains s’aggravent», se désole un ancien dirigeant de la principale organisation patronale britannique.Selon une publication du ministère britannique des Affaires et du Commerce, en date du 27 juin dernier, les investissements étrangers en Angleterre, tous secteurs confondus, ont chuté de 6% en un an, depuis Mars 2023.
Rapportés au 23 juin 2016, ils se sont effondrés de 31%. Notamment, le secteur automobile qui est en perdition. «Nous l’avions tous prédit, mais on nous prenait pour une élite déconnectée des préoccupations de la population. Ou pour des traîtres à la patrie. Sortir de l’UE allait saper les piliers économiques du pays, à commencer par les plus fondamentaux, cela ne faisait aucun doute. Tous les économistes, tous les dirigeants d’entreprise, tous les spécialistes de l’export, de l’emploi ou de la consommation ne pouvaient pas se tromper en même temps», se désole un banquier d’affaires britannique cité par La Tribune. Les crises subies depuis 2016 – pandémie et inflation – ont encore aggravé la situation : la hausse des prix a été la plus forte de tout le continent européen (+31% en huit ans, contre +24% en zone euro), avec une envolée de 30% des étiquettes des produits alimentaires entre 2019 et 2023 et une chute du pouvoir d’achat de 4% en deux ans, entre 2021 et 2023.
Sans compter que deux millions d’emplois ont été perdus, à tous les niveaux de qualificationLes analystes de la banque américaine Goldman Sachs renchérissent pour annoncer que les coûts structurels et cycliques du Brexit chiffrent à 5% la perte de croissance face aux économies comparables depuis 2016, due en partie à une baisse de 15% des échanges commerciaux pendant cette période. Précisément, «le secteur des cosmétiques s’est vu s’évaporer près de 1 milliard d’euros, faute de pouvoir exporter dans l’Union européenne», indique un autre banquier britannique. Dans le secteur de la Santé, le système public est tout près de l’asphyxie, de même que le Logement, les Aides sociales ou l’Education ; les difficultés et les restrictions s’aggravent, la Livre Sterling a perdu près de 20% de sa valeur par rapport à l’Euro.
Quant aux experts de l’OCDE, ils soutiennent que l’Economie britannique sera la moins performante du G7 en 2025. «Le Royaume-Uni s’appuyait sur une économie prospère tirée par la finance et la City de Londres, qui n’a plus aujourd’hui les mêmes capacités», précise Philippe Waechter, Directeur de la Recherche économique chez Ostrum Asset Management, en guise de conclusion.

