Bassirou Diomaye Faye en FranceLe chef d’Etat sénégalais face à son destinÇa aurait pu passer pour un rituel. Tout chef d’Etat élu dans le pré-carré français réserve sa première visite en Europe à son homologue français.
Histoire de s’assurer la protection tutélaire de l’Elysée. Sauf que dans ce cas précis du nouveau chef d’Etat sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, le contexte géopolitique mondial a changé, et les promesses de campagne du candidat du PASEF sont encore présentes dans les esprits.
En effet, au cours de la campagne présidentielle Bassirou Diomaye Faye, dans l’ombre de Ousmane Sonko, avait promis de réviser la coopération avec la France en mettant à l’avant la souveraineté du Sénégal. Il défendait un agenda souverainiste et se réclamait d’un «panafricanisme de Gauche». Il dénonçait également le poids des entreprises françaises dans l’économie nationale. Il s’opposait aussi à la présence militaire française sur le sol sénégalais.
Qui pis est, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, n’avait pas du tout apprécié le parti-pris de l’Elysée pour l’ancien Président Macky Sall quand ce dernier réprimait sauvagement de l’Opposition, jusqu’à mettre ses principaux leaders en prison. Un autre point de divergence est le franc CFA. Les nouvelles Autorités sénégalaises ont rejoint les intellectuels africains, notamment les économistes, qui ne voient plus d’intérêt à conserver cette monnaie qu’ils qualifient de «monnaie coloniale».
Invité à prendre part au sommet co-organisé avec l’Alliance pour le vaccin Gavi et l’Union africaine (UA) à Paris, le jeune Président du Sénégal aura un entretien avec son homologue français, Emmanuel Macron. Tenant compte d’une opinion publique sénégalaise qui attend de voir si les nouvelles Autorités du pays vont tenir leurs promesses de campagne, sans nul doute que Bassirou Faye n’aura pas d’autre langage que de redire à la face de Macron sa vision souverainiste de la coopération franco-sénégalaise.

