12 000 hectares, selon certaines données ; plus ce 22 000 hectares, selon d’autres sources. Toujours est-il que les Autorités Congolaises brazzavilloises ont signé un accord qui concède au Rwanda des surfaces cultivables pour une période de 25 ans.
Pour une partie des Congolais, c’est une bonne initiative. Notamment les maraîchers qui y trouvent une occasion d’exploiter au maximum les surfaces arables.«C’est une bonne nouvelle. Il y a longtemps que nous sommes là, sans soutien de l’État congolais. Mais, aujourd’hui, il est allé signer les accords avec le Rwanda, c’est une bonne affaire. 12 000 hectares, c’est énorme. Nous y irons travailler sur ces terres avec les Rwandais pour remonter l’économie congolaise. Donc, nous sommes entièrement d’accord», se réjouit Léon Mayembo, Président d’une coopérative qui exploite une superficie.
Si les planteurs sont favorables à cette initiative souveraine, la grogne vient des économistes et de l’Opposition. «À la fin, c’est le Rwanda qui gagne dans le cadre de l’accord de libre-échange. Ce sont justement des économies compétitives qui vont profiter de cette libre circulation des personnes, des biens et des services. Que gagne le Congo à la fin ? Parce que, il y aura le made in Congo, mais les ressources financières vont atterrir dans une banque à Kigali.
Que gagnerait donc le Congo lorsqu’il s’agit de promouvoir cette agriculture industrielle et commerciale ? Absolument rien du tout. Le Rwanda est à mille lieues de chez nous. Il traverse toute la République démocratique du Congo pour venir prendre nos terres. Ça me parait quand même comme quelque chose qui est mal pensé», relève l’analyste économique Alphonse Ndongo.L’opposant Dave Mafoula du Parti les Souverainistes, fait chorus avec lui.
«Quand les Rwandais disent que ce qu’on leur a donné, ça représente six fois la superficie de la ville de Kigali, vous comprenez qu’on ne peut pas faire de telles choses. Nous voulons que les choses se fassent selon la loi et dans le respect de la loi. S’il y a des choses qui se font en dehors de la loi, les Congolais sont appelés à ne pas accepter cela», dénonce-t-il.Il en est de même de certaines Ong qui jugent cet accord «anticonstitutionnel».
«La cession de 12.000 hectares de terres congolaises au Fonds souverain du Rwanda, représenté par l’entreprise Crystal Ventures, est une violation manifeste de la constitution. Nulle cession, nul échange, nulle adjonction du territoire national n’est valable sans le consentement du peuple congolais appelé à se prononcer par voie de référendum», s’est désolé Franck Chardin Aubin Tchibinda, de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH). Puis de faire remarquer que : «Les investissements étrangers (rwandais notamment, ndlr) ne posent pas problème. Le problème c’est l’aliénation des biens qui appartiennent au peuple congolais, en contradiction avec le texte fondamental qu’est la Constitution».
Lagistane

