Alors que Moscou est accusé d’exercer un « chantage » à l’énergie après avoir coupé le robinet du gaz à la Bulgarie et à la Pologne, un nouveau rapport d’un centre de recherche indépendant, publié le 27 avril dernier, révèle que la Russie a tiré d’importants profits de ses exportations d’hydrocarbures depuis le début de la guerre en Ukraine. Surtout grâce à l’Europe.
Pendant la guerre, les affaires continuent. Et pour la Russie, les exportations d’hydrocarbures se sont révélées très lucratives malgré la multiplications des sanctions internationales ; c’est en substance ce que dévoile un rapport du CREA – Centre for Research on Energy and Clean Air – publié le mercredi 27 avril dernier.
Selon les experts de ce centre de réflexion basé en Finlande, Moscou a en effet gagné 63 milliards d’euros en vendant du gaz, du pétrole ou du charbon depuis le 24 février 2022, date à laquelle les troupes russes ont entamé leur offensive en Ukraine.Deux fois plus de revenus que l’an dernierLes pays européens – à commencer par l’Allemagne – caracolent en tête des dépenses liées à des importations d’hydrocarbures depuis la Russie, et ce devant la Chine et la Turquie.
En effet, “Les États de l’Union européenne ont payé 44 milliards d’euros – dont plus de 9 milliards d’euros pour la seule Allemagne (NDLR) – à Moscou durant les deux premiers mois de la guerre en Ukraine ; soit près du double de ce que le bloc européen a dépensé l’an dernier à la même époque”, souligne Lauri Myllyvirta, analyste en chef du CREA et auteur de ce rapport intitulé “Financer la guerre de Poutine en Europe : les exportations d’énergie russe depuis le 24 février”. Ce rapport vient contredire la version des médias occidentaux qui tend à faire croire que l’Europe est prête à se passer du gaz et du pétrole russe et qui parie sur la faillite imminente de l’économie de la Russie.

