Un enlèvement de personnalités, une revendication politique, un sabotage d’oléoduc. Des groupes rebelles se signalent de manière éclatante au Niger.
Tout commence dans la nuit du 16 au 17 juin, 2024. Alors que la tension monte sur l’accès au pétrole et à l’uranium, le Front Patriotique de Libération (FPL), un mouvement rebelle, revendique l’attaque à l’explosif menée contre le pipeline qui achemine le pétrole brut du site d’Agadem à la Société de raffinage de Zinder (SORAZ) dans le sud-est du Niger.
Puis, le mercredis 21 juin 2024, le Front Patriotique pour la Justice (FPJ) revendique l’enlèvement du préfet de Bilma, le Commandant Amadou Torda, et de quatre éléments des forces de sécurité qui l’accompagnaient, dans la région d’Agadez. Dans la foulée, ce groupe rebelle, par Mahamat Tori, un infirmier de formation, proche de l’ancien Président Mohamed Bazoum (renversé le 26 juillet 2023) dont il exige la libération et le retour à l’ordre constitutionnel.
«Nous allons tirer toutes les ficelles nécessaires pour que ces putschistes qui mènent notre pays au fond de l’impasse reculent, libèrent le Président Bazoum et organisent des élections. Tous les patriotes sincères et résilients sont invités à nous rejoindre», appelle un cadre du FPJ.La menace contre le régime du Président de la Transition militaire nigérienne prend de l’importance avec l’activation d’un autre groupe rebelle.
A savoir le Conseil de la Résistance pour la République (CRR) de Rhissa Ag-Boula, figure des rébellions touaregs de 1991 et 2007, qui déclare se donner tous «les moyens nécessaires pour rétablir le Président Bazoum dans ses fonctions».Cette recrudescence des activités rebelles met le régime du Général Abdourahamane Tiani dans une position inconfortable. D’autant plus que le Niger compte sur son pétrole et la stabilité du régime pour atteindre la croissance estimée à 11% en 2025.

