Les ivoiriens lance un appel au secours
Abidjan est confrontée à un problème croissant de pollution atmosphérique qui préoccupe de plus en plus les habitants de la commune de Treichville. Les industries de ciment de la ville, souvent pointées du doigt, sont accusées de contribuer de manière significative à cette pollution.

ziz Gbané (agent de transit)
Très souvent on est beaucoup enrhumé
L’impact des ciments n’est pas tellement visible, parce qu’on inhale, c’est interne. L’effet se fera à long terme. Il y avait un habitant ici qui avait un nouveau-né, ce bébé a succombé à cause de la poussière. Après cela le couple a automatiquement déménagé. Très souvent on est beaucoup enrhumé et on ressent des picotements dans les yeux.

Cheryl (résidente du quartier)
Personne ne peut s’assoir à son balcon
Aucun habitant de l’immeuble ne peut sortir pour profiter de l’air frais de son balcon tellement la poussière est intense. Si on nettoie la maison et qu’on laisse le balcon une demi-heure seulement, on pourrait penser que la maison n’a pas été nettoyée depuis un mois tellement la poussière dégagée par les usines est terrible. Au début c’était acceptable, maintenant c’est devenu insupportable. Mais on va faire comment, on essaie de faire avec.

Mariam Kindo (commerçante)
La poussière du ciment m’empêche d’écouler ma marchandise
Le ciment nous fatigue. Souvent quand les clients viennent, ils refusent d’acheter ma marchandise, prétextant que ce n’est pas la peine à cause de la poussière. Si on pouvait enlever ces industries de ciment ici, ça allait vraiment nous arranger car nos enfants sont les premiers qui en souffrent le plus à cause de leur fragilité.

Dallet Prince Achille (stagiaire en maritime)
On souffre de maladie
Nous sommes vraiment épuisés par la pollution des industries de ciment. On peut tomber malade pendant deux (2) semaines. Parfois on s’en va à l’hôpital on ne sait pas vraiment de quoi on souffre mais ils disent que c’est maladie. On a essayé de voir les responsables des sociétés pour qu’ils puissent trouver des solutions mais rien n’a été fait.

Sanago Fougnigé (chef comptable)
Je suis atteint de la sinusite
C’est vraiment délicat ce qu’on vit ici, c’est même terrible. Malgré qu’on ait mis des baies vitrées pour se protéger, ça n’empêche pas que la poussière entre dans nos locaux. Avant que je ne vienne travailler dans ce quartier j’étais bien portant, mais maintenant, j’ai l’impression d’être constamment grippé. J’ai eu à faire des examens et on m’a clairement dit que j’étais atteint de la sinusite. Plusieurs habitants de cet immeuble ont dû déménager à cause de la poussière.
Olvene EHOUSSOU

