Débutées le jeudi 01er aout 2024, les manifestations contre la vie chère et la mauvaise gouvernance ne faiblissent pas au Nigeria. Les nombreuses déclarations d’apaisement du chef de l’Etat fédéral, Bola Tinubu, ne semblent avoir aucun effet sur les manifestants, la plupart des jeunes qui disent n’avoir aucun avenir sous cette gouvernance.Face à la détermination des manifestants, Bola Tinubu y voient un agenda caché d’adversaires politiques.
«En tant que Président de ce pays, je dois assurer l’ordre public. Conformément au serment constitutionnel de protéger la vie et les biens de chaque citoyen. Notre gouvernement ne restera pas les bras croisés et ne permettra pas à quelques personnes ayant un agenda politique clair de déchirer cette nation. Dans ces circonstances, j’enjoins par la présente les manifestants et les organisateurs à suspendre toute nouvelle manifestation et à créer un espace de dialogue», a-t-il déclaré, dimanche, ouvrant la voie à un dialogue avant la reprise annoncée des manifestations pour ce lundi.
Mais, pour les manifestants, seule une satisfaction immédiate de leurs revendications pourrait les convaincre à se retirer de la rue.«Je suis vraiment déçue de ce que le Président a dit ce matin (dimanche, ndlr) dans son discours parce qu’il n’a même pas mentionné notre dialogue, il n’a pas mentionné nos demandes, il nous a juste raconté des histoires qui ne nous concernent pas», regrette Ayisat Omolara, une manifestante sur africanews.
De son côté, la Police nigériane met en garde contre tout rassemblement qu’elle considère ‘’illégale’’. «Il ne doit plus y avoir de rassemblement ici ou ailleurs. Tout rassemblement de ce type est illégal et illicite et si un tel rassemblement existe, nous allons appliquer toute la rigueur de la loi», menace le Commissaire de police de Lagos, Adegoke Fayoade.
Mais déjà, selon Amnesty international, neuf manifestants ont été tués lors d’affrontements avec la Police, quatre autres ont été tués par une bombe, au moins 700 manifestants ont été arrêtés dans l’ensemble du pays, au soir du samedi 03 aout. Ce que contestent les Forces de l’ordre.
Les manifestations sont prévues durer 10 jours. Cependant, le contexte sociopolitique indique qu’elles pourraient se poursuivre jusqu’à ce que les deux parties – manifestants et Autorités nigérianes- s’accordent sur des compromis minimalistes.

