Le cofondateur du collectif ‘’Balai citoyen’’, avocat et homme politique burkinabé, est de nouveau dans les liens de la Justice militaire, depuis le jeudi 01er août 2024. Il a été arrêté alors qu’il répondait à une convocation du Tribunal militaire de Ouagadougou. Le leader du mouvement Servir Et Non Servir (SENS) était devant le juge d’instruction, le vendredi 02 aout.
Son arrestation suscite de nombreuses interrogations. Car c’est la troisième fois que l’avocat a maille à partir avec le régime militaire du Capitaine Ibrahim Traoré. Il a été arrêté la première fois dans la nuit du 24 au 25 janvier 2024 à l’aéroport international de Ouagadougou. Il a été libéré près de sept mois après, le 29 mai. A peine avoir humé l’air de la liberté, il est de nouveau interpellé pour «complot et association de malfaiteurs».
Il est encore libéré, mais placé sous contrôle judiciaire le 10 juillet, le mandat de dépôt décerné contre lui ayant été annulé.Cette fois encore, le Procureur militaire le poursuit pour ce qui pourrait être un complot contre l’Etat. Comme l’explique l’un de ses avocats : «Ce sont les mêmes faits pour lequel il avait déjà été arrêté le 24 janvier dernier. Mais le Tribunal militaire force pour faire une autre procédure puisque la première est nulle». Un membre de SENS apporte plus de précision : «Guy-Hervé Kam a été entendu suite au témoignage d’une personne interpellée par l’Agence Nationale du Renseignement dans une supposée affaire de tentative de déstabilisation». «C’est une cabale politique, un acharnement qui vise un adversaire politique qui dérange, car ce nouveau dossier ne contient aucun fait nouveau», dénonce un communiqué de SENS.Quelques heures après son audition, Me Kam es placé en garde à vue et est conduit à la Maison d’arrêt et de correction des armées.
Cette situation inquiète les défendeurs des droits de l’homme. En effet, ces derniers temps, on assiste au Burkina Faso à plusieurs cas d’enlèvements de personnalités influentes du pays. Le régime militaire les accuse de dénigrer tous les efforts entrepris par la Transition dans la lutte contre le terrorisme. D’où ces cas où certaines personnalités ont été envoyées au front «pour connaitre les dures réalités de la mission de l’armée», comme l’a expliqué le Président du Faso, Président de la Transition.
Guy-Hervé Kam est-il réellement un adversaire de la Transition militaire ? Le cofondateur du collectif ‘’Balai citoyen’’ est reconnu pour avoir joué un rôle capital dans la chute du régime Compaoré. Qui plus est, il a été l’avocat de la famille Sankara (ancien Président du Faso :1983-1987). Or, le régime Traoré se dit sankariste.

