C’est ce dimanche 28 juillet 2024 que les Vénézuéliens se rendent aux urnes pour élire un Président. Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013, brigue un troisième mandat. Pour les observateurs de la vie politique, l’alternance pourrait se produire si le scrutin se déroule en toute transparence. Son adversaire le plus coriace, le candidat de l’Opposition Edmundo Gonzalez Urrutia, a les faveurs des sondages de 20 à 30 points d’avance.
Du coup, selon la presse locale, le Président sortant agite le spectre d’une guerre civile en cas d’échec. Alors, pour se donner les chances d’une victoire, Nicolas Maduro s’est investi dans une vague d’arrestations des opposants, ce qui ne présage pas une alternance apaisée. Ce qui augmente les risques de conflits, c’est qu’en cas d’un nouveau Président, celui-ci ne prendra fonctions qu’en Janvier 2025.
Entre les résultats et l’effectivité du pouvoir, le pays peut basculer dans l’horreur. Car, selon la presse locale, il est «improbable» que le Président sortant accepte sa défaite.Pourtant, il y a eu des moments où le pouvoir aurait pu basculer. Depuis l’arrivée au pouvoir de de Nicolas Maduro en 2013, l’Opposition a gagné une majorité à l’Assemblée nationale en 2015. On aurait dû avoir normalement une cohabitation avec le centre du pouvoir transféré au Parlement. Il y a eu ces moments un peu tendus en 2017, au moment des grandes manifestations; et puis en 2019 au moment de la proclamation de Juan Guaido comme Président par intérim. Il y avait alors des pressions fortes sur Nicolas Maduro.
Mais ce dernier a surpris tout le monde par une certaine résilience.La seule chance de l’Opposition de remporter cette Présidentielle, c’est une large victoire qui ne donnera pas à Maduro de maquiller les résultats. Ains, si Edmundo Gonzalez Urrutia parvient à mobiliser réellement la population vénézuélienne mécontente de la gestion de Nicolas Maduro, il a des chances de gagner avec un grand écart.
Mais si l’abstention est élevée – et cela pourrait être le cas, car les Vénézuéliens sont épuisés par la crise, désillusionnées par les échecs de l’Opposition – cela pourrait favoriser le pouvoir en place. Pour l’instant, on voit que ce sont plutôt les sympathisants de l’Opposition qui apparaissent comme les plus motivés d’aller voter.L’autre variable est l’armée. Une reconnaissance de la victoire de l’Opposition voudrait dire que l’armée se subordonne à la nouvelle équipe gouvernementale victorieuse.
Pour rappel, l’armée, c’est une institution au Venezuela qui est particulièrement contrôlée. Mais ce n’est pas une institution monolithique. Dans les rangs inférieurs, il y en a qui aspirent au changement. Si l’élection se déroule comme prévu, c’est que l’armée en quelque sorte a donné son feu vert.

