Arrêté le 20 juin 2024, puis libéré du fait de son statut d’avocat, l’Opposant malien Mohamed Ali Bathily, a été de nouveau arrêté par la Justice malienne, sur plainte du Procureur général près la Cour d’Appel. L’ancien ministre de la Justice a été inculpé pour ‘’opposition à l’exercice de l’autorité légitime’’. La Justice lui reproche d’avoir organisé, avec dix autres personnes (elles aussi inculpées) des réunions politiques visant à produire une Déclaration acerbe contre les Autorités militaires maliennes. Plus précisément, Bathily et ses coaccusés ont dénoncé la promesse non tenue de la Junte militaire de céder le pouvoir aux civils après dix-huit mois de gestion.
Par la suite, ils s’étaient opposés à la décision des Autorités de Transition qui ont suspendu, pour une durée indéterminée, toutes les activités politiques des partis et associations du Mali. Mohamed Bathily était en garde-à-vue depuis le vendredi 05 juillet 2024, et placé sous mandat de dépôt le lundi 08 juillet à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. Au total, de source judiciaire, les onze prévenus sont poursuivis pour ‘’attentat’’ et ‘’complot’’ contre le gouvernement, ‘’opposition à l’exercice de l’autorité légitime’’ portant ‘’atteinte à l’ordre public’’, selon les articles 45, 46 et 84, du Code pénal malien.
Ces anciens ministres et dirigeants de partis politiques ont été transférés dans les différentes prisons du pays : trois dans la prison de Keniéroba (soixantaine de kilomètres au Sud de Bamako) ; trois autres à Koulikoro (une soixantaine de kilomètres au Nord de la capitale) ; les quatre derniers ont été transférés à la Maison d’arrêt de Dioïla (160 km à l’Est de Bamako).
Leurs avocats s’activent àobtenir leur libération. Pour eux la Justice a été «instrumentalisée». «Les conditions d’interpellation, sans mandat, dans un domicile privé, rendent nulle la procédure et l’illégalité du texte prétendu violé», dénonce Maître Hyacinthe Koné. Et de poursuivre : «On sait que c’est dans le but de les empêcher de communiquer et ça complique les visites. Mais sur le plan légal, c’est normal. Vu le surpeuplement des prisons, c’est quand même mieux comme ça. Pour cela uniquement, nous ne pouvons pas nous plaindre».

