Après les chocs émotionnels vécus par chaque bloc politique à l’issue du second tour des Législatives de la «clarification», le temps est venu de désigner celui qui va occuper Matignon. Aucun groupement politique n’ayant obtenu la majorité absolue, il revient au Président de la République de faire ses arbitrages à l‘effet de désigner un Premier ministre qui partage sa politique.
C’est tout logiquement que le choix de son parti, Ensemble pour la République (150 sièges) s’est porté sur Les Républicains (39 sièges) pour coiffer le Nouveau Front Populaire (178 sièges). Les macronistes, tels Gérald Darmanin ou Aurore Bergé n’y voient pas d’inconvénients. Ainsi, ce mercredi 10 juillet, Macron a débuté ses consultations avec Laurent Wauquiez, le leader des Républicains pour élargir sa base de députés acquis à sa cause. Qu’est-ce que la Majorité présidentielle va-t-elle mettre sur la table pour avoir l’accord des Républicains ? On le saura dans les prochains jours, après la rentrée parlementaire prévue le 18 juillet.
En attendant certains macronistes ne verraient pas d’un mauvais œil un Républicain chef du gouvernement. Une brèche dans laquelle Laurent Wauquiez et ses camarades républicains pourraient s’engouffrer. Cependant, rien n’est encore fait. Il faudra compter avec le Nouveau Front Populaire qui ne démord pas d’occuper Matignon. Jean-Luc Mélenchon clame à tout vent que le poste de Premier ministre revient de droit à l’union de Gauche au regard de son score enregistré au second tour. Ce qui, pour lui, est une preuve que les Français ont abandonné la politique capitaliste de Macron pour revenir aux valeurs de solidarité prônée par la Gauche. Pour matérialiser cette volonté farouche d’occuper Matignon, le NFP a décidé de déposer auprès de Macron la liste de ses premiers ministrables. Ça promet !
Pendant ce temps, troisième formation politique, le Rassemblement National attend de faire son examen de conscience. Grand favori de ces Législatives anticipées, le groupement politique de Jordan Bardella n’a pu réaliser son rêve d’avoir la majorité absolue. Comme consolation, il demande aux députés du RN d’être «parfaitement irréprochables» durant leur mandat, afin de ne pas décevoir les Français qui ont encore de l’estime pour ce bloc d’Extrême-droite.
Une interpellation vient du centriste François Bayrou. Le leader du Mouvement Démocrate (MoDem) met en garde Macron. «On ne peut pas faire un gouvernement d’union nationale avec un seul camp. Si vous passez par les partis, ce sont les intérêts partisans qui vont s’imposer et cette démarche serait vouée à l’échec. Emmanuel Macron devrait nomme un Premier ministre dont il estime qu’il peut rassembler des deux côtés de l’Hémicycle. Et le MoDem est bien placé pour le faire», a-t-il prévenu, ce mercredi.

