Présenté comme le grand favori de la Présidentielle qui s’est tenue, le samedi 29 juin 2024, le Président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, candidat à sa propre succession, a été déclaré réélu – provisoirement – pour un second mandat de cinq ans, selon la Commission Electorale Indépendante (CENI) qui a donné les résultats, le lundi 01 juillet. Après avoir fait campagne sur les thèmes de la croissance économique et la sécurité, il a obtenu 56,1% des voix des deux millions d’électeurs, avec un taux de participation de 55%.
La CENI qui était très attendue pour un scrutin sans contestation, a affirmé que celui-ci s’est déroulé en toute transparence, selon les standards internationaux. Selon son porte-parole, Taghioullah Ledhem, «rien n’a été détecté jusqu’à présent et la CENI n’a reçu aucune plainte».
Mais l’Opposition conteste vigoureusement ces résultats. Elle reproche à la Commission électorale d’être sous l’influence du gouvernement qui a nommé son Président. Le chef de file de la contestation, un des candidats de l’Opposition, Biram Dah Abeid, s’est proclamé le véritable vainqueur de la Présidentielle.
Au cours d’une conférence de presse, il a jugé la victoire de Ghazouani de «coup d’Etat électoral». Selon lui, la CENI a attribué au Président sortant des milliers de voix «sorties de nulle part». Pour se faire rétablir dans ses droits, il a appelé la population mauritanienne à la «désobéissance civile contre le gouvernement». Tout en demandant à toutes les forces de sécurité de ne pas «accepter d’être utilisées par le gouvernement contre le peuple».
«La bataille n’est pas terminée, nous ne sommes pas vaincus. Le peuple n’est pas vaincu et ne sera pas vaincu, nous sommes là pour défendre le peuple jusqu’à la dernière goutte de sang», a-t-il indiqué.
Toujours est-il qu’il revient à la Cour Constitutionnelle d’annoncer les résultats définitifs.Le Président élu aura à gérer un pays riche en ressources naturelles, notamment en minerai de fer, en cuivre, en zinc, en phosphate, en or, en pétrole et en gaz naturel. Le pays est sur le point de devenir un producteur de gaz d’ici la fin de l’année, avec le lancement prévu du projet gazier offshore Greater Tortue Ahmeyin, exploité par BP, à la frontière avec le Sénégal. Malgré toutes ces richesses, 60% de la population vit dans la pauvreté. Surtout les jeunes qui ont peu d’opportunités économiques.

