Les résultats du premier tour des Législatives anticipées en France montrent que Emmanuel Macron n’était visiblement pas bien inspiré de dissoudre le Parlement après la percée de l’Extrême-droite aux Européennes. Au soir du dimanche 30 juin, le Rassemblement National de Jodan Bardella et ses alliés mènent encore le débat politique avec 34% des voix. Une preuve de plus que, cherchant «une clarification du débat politique», une grande partie des Français ne veulent plus de la politique de Macron.
C’est ce qu’a exprimé François Bayrou, Président du MoDem, pourtant allié de Macron : «C’est un vote assis sur un mécontentement de l’opinion, ce qui arrive souvent quand on est au pouvoir. Et c’est un vote sanction. Mais c’est un vote sanction qui présente pour beaucoup de Français une menace. Et c’est cette menace qu’il faut que l’on conjure, qu’on fasse reculer dans les huit jours qui viennent».
Et les choses ne s’arrangent pas pour Emmanuel Macron. Sa formation politique, Ensemble, est arrivé en troisième position avec … des voix. Ce qui est une première dans l’histoire politique de la France. C’est un désaveu qui pourrait amener Macron à donner sa démission en cas de victoire définitive de l’Extrême-droite. Car, même la Gauche qui est arrivée désunie à ces élections a recueilli … des voix ; et se place en bonne position pour espérer détrôner le RN.Dès lors, un seul mot d’ordre est lancé : faire barrage au Rassemblement National à tous les coups. «Face au Rassemblement National, l’heure est à un large rassemblement clairement démocrate et républicain pour le second tour», lance le Président de la République. «Je compte sur les macronistes, sur Gabriel Attal, sur le Président de la République pour faire qu’on se sorte de cette histoire par le bon bout», abonde François Ruffin.Pour faire barrage à l’Extrême-droite dont la matrice est «raciste, xénophobe, antisémite», selon le Premier Secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, il faudrait une coalition dont l’objectif commun est d’empêcher le Rassemblement National «d’avoir une majorité absolue au second tour».
La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon a déjà donné le ton. «Conformément à nos principes et à nos positions constantes dans toutes les élections précédentes, nulle part, nous ne permettrons au RN de l’emporter, et c’est pourquoi, dans l’hypothèse où il serait arrivé en tête, tandis que nous ne serions qu’en troisième position, nous retirerons notre candidature. Nous retirerons notre candidature, en toutes circonstances, où que ce soit et dans quelque cas que ce soit. Notre consigne est simple, directe et claire. Pas une voix, pas un siège de plus pour le RN», martèle-t-il. Et Olivier Faure d’insister : «Le danger de l’Extrême-droite devrait tous nous mobiliser». Et le Socialiste Raphaël Glucksmann de renchérir : «Il faut voter pour tous les candidats qui seront face au RN. En élisant un candidat opposé au RN, on enlève un député RN».
La Majorité présidentielle n’est pas en reste. «Dans d’autres circonscriptions, notamment celles où nos candidats sont arrivés en troisième position, nous nous désisterons au profit des candidats en mesure de battre le Rassemblement national et avec qui nous partageons l’essentiel : les valeurs de la République», annonce Gabriel Attal.Reste à savoir si les consignes de vote seront respectées dans la mesure où des leaders politiques ont aussi appelé à voter contre d’autres formations politiques autres que le RN.

