Madagascar, puis le Cameroun. Ce mois-ci, la signature de deux nouveaux accords militaires de pays africains avec la Russie ont été révélés. Ces signatures interrogent sur les rapprochements entre certains États du continent et Moscou.
Le 12 avril dernier, un nouvel accord de coopération militaire a été signé discrètement entre le Cameroun et la Russie. Selon des sources bien introduites au Palais d’Étoudi, cet accord toucherait des domaines tels que l’échange d’opinions et d’informations en matière de politique de défense et de sécurité internationale et le développement des relations dans le domaine de la formation conjointe et l’entraînement des troupes.
Mais c’est surtout sur le plan politique que cet accord est scruté. Car, après avoir été absent du vote à l’ONU sur l’invasion de l’Ukraine, le Cameroun finit par prendre une position assez claire et affiche son amitié avec le Kremlin. Avant le Cameroun, c’est une signature d’accords de la Russie avec Madagascar qui avait, en mars dernier, attiré l’attention de l’ensemble des observateurs. Car, en dehors du fait de rendre public un rapprochement qui ne doit pas faire plaisir aux pays occidentaux, ces accords montrent que la carte géopolitique est en recomposition.
Entre 2017 et 2019, la Russie a en effet signé vingt accords de ce type avec des pays africains ; bien davantage que durant les années précédentes. Ceci confirme bien que les pays du continent ne sont plus favorables, ou exclusivement acquis à leur ex colons que sont la France ou encore la Grande Bretagne. La Russie ne reste toutefois qu’un partenaire parmi d’autres ; de tels accords sont signés par les pays du continent avec plusieurs autres États dans une logique de diversification. RCA :
Le Bitcoin nouvelle monnaie officielle du paysLa Centrafrique est devenue en avril dernier le premier pays africain à faire du bitcoin une monnaie officielle, aux côtés du franc CFA. Le bitcoin devient une monnaie officielle de la Centrafrique, au côté du franc CFA. C’est par un communiqué de la présidence centrafricaine que l’information a été rendue publique le 26 avril dernier. L’Assemblée nationale a voté « à l’unanimité » des députés présents la loi « régissant la cryptomonnaie en République centrafricaine » et le président Faustin-Archange Touadéra l’a promulguée, a assuré dans un communiqué le ministre d’État et directeur de cabinet de la présidence, Obed Namsio.
Le 7 septembre 2021, le Salvador avait été le premier pays au monde à adopter le bitcoin comme monnaie légale et le Fonds monétaire international (FMI) avait immédiatement dénoncé une décision dangereuse pour la « stabilité financière, l’intégrité financière et la protection des consommateurs ». Cette décision du pouvoir centrafricain place donc le pays sur la carte des pays les plus ‘’courageux et visionnaires ‘’au monde, comme le souligne le communiqué de la Présidence. Toutefois, cette décision inquiète les banques centrales occidentales ; celles-ci craignent notamment que l’utilisation de ce type de devise soit en réalité une stratégie pour la Russie et la République centrafricaine de contourner les sanctions imposées au Kremlin. Aussi, les appels à une régulation internationale des bitcoins se multiplient aux États-Unis et en Europe.

