Rien à avoir avec les relations tendues entre le Niger et la France. Ce n’est qu’une question de contrat non exécuté.
Les nouvelles Autorités nigériennes ont retiré, le jeudi 20 juin 2024, à l’entreprise française Orano (ex-Areva) son permis d’exploitation de l’important gisement d’uranium basé à Imouraren, dans le Nord du Niger. C’est le résultat de l’ultimatum que les autorités nigériennes ont lancé aux responsables de cette société qui peine à respecter le contrat qui lie ces deux parties.
«Orano prend acte de la décision des Autorités du Niger de retirer à sa filiale Imouraren SA son permis d’exploiter le gisement, et ce, malgré la reprise des activités sur site conformément aux attentes qu’elles avaient exprimées», a réagi le groupe français, dans un communiqué signé de son Pdg, Nicolas Maes. En effet, le ministère des Mines nigérien avait averti les dirigeants de cette société française que le permis d’exploitation d’Imouraren leur serait retiré et remis «au domaine public», si des «travaux d’exploitation» n’avaient pas commencé dans un «délai de trois mois», après le 19 mars 2024.
Cette interpellation fait suite à celle délivrée dès Février 2022, au temps du régime Bazoum. Apres la signature d’un accord à Niamey le 4 mai 2023, l’exploitation de ce gisement aurait dû débuter en 2015. Mais les dirigeants de Orano avaient prétexté la chute des prix de l’uranium sur le marché mondial (après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011) pour geler ses opérations. Du côté d’Orano, on indique que des travaux préparatoires avaient été lancés récemment. «Les infrastructures du gisement sont rouvertes depuis le 4 juin 2024 pour accueillir les équipes de construction et faire avancer les travaux. Plusieurs dizaines de personnes étaient mobilisées durant la phase de relance du projet. À terme, Imouraren SA devait employer 800 personnes, sous-traitants compris.
Orano est disposé à maintenir ouverts tous les canaux de communication avec les autorités du Niger sur ce sujet, tout en se réservant le droit de contester la décision de retrait du permis d’exploitation devant les instances judiciaires compétentes, nationales ou internationales», a souligné Nicolas Maes, le 12 juin 2024.Imouraren est l’un des plus grands gisements d’uranium au monde, avec des réserves estimées à 200 000 tonnes. Le Niger fournit 4,7% de la production mondiale d’uranium naturel, loin derrière le Kazakhstan (45,2%), selon des chiffres de 2021 de l’agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA). Environ un quart de l’approvisionnement en uranium naturel aux centrales nucléaires européennes en 2022 provenait du Niger, le deuxième pays derrière le Kazakhstan et devant le Canada.

