Le Maroc, une puissance économique régionaleLe Maroc, 5ème puissance économique d’Afrique en 2023, avec une croissance estimée à 124 milliards de dollars. Selon le magazine américain Forbes qui donne l’information dans sa publication d’Avril 2023, le royaume chérifien devrait repasser à la 4ème puissance économique du continent à fin 2025. Cette tendance haussière est corroborée par un rapport du ministère marocain de l’Economie et des Finances qui situe le PIB à 03,4% en 2023, contre 03,02% en 2022. Avec une projection de 03,5% en 2025 et 3,6% en 2026, du fait d’une demande intérieure impulsée par la consommation des ménages qui se remet progressivement des chocs récents.
Quelle performance pour une économie frappée durement ces dernières années, concomitamment par des catastrophes naturelles (tremblement de terre survenu le 08 septembre 2023), la pandémie de Covid-19 qui a mis aux arrêts l’essentiel de ses secteurs productifs, et des chocs sur les matières premières (notamment sur la production du phosphate dont il est le premier exportateur mondial) !
Mais, ce pays a démontré à plusieurs reprises sa forte capacité à répondre efficacement aux chocs. Comme l’indique le dernier rapport de la Banque Mondiale intitulé : ‘’De la résilience à la prospérité partagée’’, la croissance économique devrait bénéficier d’une diversité agricole bien maitrisée, d’un secteur des services en forte progression, et des exportations nettes.
De fait, en matière de diversification de l’économie, le Maroc s’est brillamment illustré ces deux dernières décennies par d’importantes transformations structurelles. On note un sentier de croissance élevé attribué, notamment, au rôle moteur de la consommation des ménages. Sur ce chapitre, il faut relever le comportement globalement positif des indicateurs de revenu qui ont augmenté de 01% en 2023, des transferts de la diaspora marocaine qui se sont accrus de 07,2%, ainsi que la création d’emplois rémunérés évalués à 112 000 postes.
On note également à l’effort d’investissements des secteurs privé et public dont le dynamisme a entrainé l’évolution des dépenses d’équipement de 25,4%. Ainsi, grâce à ces performances, le Maroc est parvenu à une croissance de meilleure qualité, à générer des opportunités d’emploi et à favoriser la création de richesses. Cette nouvelle approche a également permis de renforcer la gouvernance en matière du climat des affaires. Une feuille de route a été adoptée en 2023 ; qui fait du Maroc un terrain privilégié pour les investissements à l’échelle continentale, voire mondiale.
Cette transparence dans les procédures a, en effet, permis au royaume chérifien de développer des infrastructures de classe mondiale, à renforcer ses industries traditionnelles, notamment l’agro-industrie, le textile et le tourisme, en les rendant de plus en plus compétitives.
Le royaume chérifien a également créé des secteurs florissants, tels que l’automobile (30,2% en 2023), l’agroalimentaire (22,6% en 2023), le tourisme (12,4%), et l’aéronautique (424%). Qui plus est, sa position de carrefour de la mer Méditerranée et de l’océan Atlantique offre à ce pays des opportunités de «centre d’investissement régional qui sert de porte d’entrée à l’Afrique», comme aiment à le souligner les Autorités marocaines.
Un bémol cependant. Cet avantage présente aussi des inconvénients. La croissance économique marocaine connait, en effet, depuis peu une sensibilité de plus en plus forte aux fluctuations cycliques de ses principaux partenaires européens que sont la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne. Subséquemment, cette synchronisation de l‘économie marocaine avec celles de ses partenaires occidentaux conduit à des résultats contrastés. Car, ses partenaires européens sont les premiers clients, fournisseurs, investisseurs, partenaires en matière de coopération financière et pourvoyeurs de touristes.
Par exemple, sur la période 2018-2020, cet arrimage a fait reculer les flux d’échanges de 20%. Sur la période indiquée, la croissance économique s’est située en moyenne à 02,8% par an, en raison des contraintes inhérentes aux perturbations socioéconomiques intervenues dans la plupart des pays au niveau international, à comparer au taux de 03,7% enregistré en moyenne entre 2015 et 2018.A l’inverse, sur les périodes récentes, selon les données du ministère de l’Economie et des Finances, les reformes structurelles amorcées par les Autorités ont fait progresser les flux des échanges commerciaux avec les partenaires européens de 28% à 24,6 milliards d’Euros (22, 4 milliards FCFA, uniquement avec la France, principale pourvoyeuse de devises dans le pays), sous l’effet des transferts (12 milliards de dollars en 2023, soit une croissance de 8,6% en 2022) et les investissements (3,1 milliards de dollars en 2023, contre 2,1 milliards de dollars en 2021, selon le Rapport du CNUCED). Ainsi, grâce à une meilleure capacité de résilience, l’économie marocaine a produit une croissance enviable au cours de ces trois dernières années, en moyenne de 04,2%.Pour les perspectives, et au regard de la mise à jour des prévisions du FMI, le Maroc restera soutenue par la performance progressive des secteurs non agricoles en relation avec les réformes mises en œuvre pour soutenir la diversification économique. Ce rythme de croissance sera suffisant pour atténuer le taux de chômage estimé à 07%.
A savoir 03% pour absorber le flux des premiers emplois, 02% pour les gains de productivité industrielle, et 02% pour entamer la résorption du stock des chômeurs et sous-employés.L’horizon regorge donc d’opportunités pour le royaume chérifien. La prochaine édition de la Coupe d’Afrique des Nations (la 35eme édition) qui va se dérouler sur le sol marocain va certainement booster l’économie dont l’un des secteurs-clés est le tourisme.
Lagistane LIA

